Présentation de l'intervention à SPM
La grande richesse de l'environnement naturel de l'isthme de Miquelon-Langlade suscitait depuis plus de quinze ans la mise en place de mesures de protection. Ainsi, un projet de réserve naturelle avait-il été envisagé dès 1986. Toutefois, les mesures réglementaires qui devaient être mises en place s'étaient avérées trop contraignantes et inadaptées au contexte local et à l'importance des activités qui se sont développées sur ce site au cours de l'histoire.
C'est pourquoi, rejetant le principe de mettre en place une réglementation forte, l'intervention du Conservatoire est apparue adaptée aux enjeux spécifiques du site :
- Mise en place d'une gestion partenariale avec les collectivités,
- Concertation avec les usagers, sur des principes de développement durable et de maintien des activités qui sont en équilibre avec les écosystèmes,
- Développement d'un programme de réhabilitation des espaces dégradés,
- Acquisition foncière des parcelles mises en vente, afin de permettre une maîtrise d'ouvrage du Conservatoire sur les programmes d'aménagement,
- Réalisation d'études pour compléter les connaissances, en particulier dans les domaines de la dynamique côtière, de la faune et de la flore,
- Apport de moyens financiers pour les aménagements, les études et les acquisitions foncières.
A la fin des années 1990, la collectivité territoriale de Saint-Pierre et Miquelon a donc sollicité l’intervention du Conservatoire du Littoral, sur l’isthme sédimentaire de Miquelon-Langlade, pour protéger et valoriser notamment la lagune du Grand Barachois. En effet, la protection foncière définitive, telle que la pratique le Conservatoire du Littoral, apparaît comme la meilleure solution pour lutter contre les dégradations que subit le milieu et préserver les activités humaines dans le respect de l’environnement (agriculture, chasse, cueillette, pêche, tourisme...).
Le 29 octobre 2001, le Conseil Général de Saint-Pierre et Miquelon a créé une zone d’intervention foncière sur la commune de Miquelon-Langlade, et a demandé au Conservatoire du Littoral d’étendre ses compétences à l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.
Le Conseil Municipal de Miquelon-Langlade s’est réuni deux semaines plus tard, et a émis un avis favorable à l’action du Conservatoire sur le territoire de lla commune.
Afin que le Conservatoire puisse intervenir, il convenait de procéder, par voie de décret, à un élargissement du Conseil des Rivages Français d'Amérique (CRFA), l'instance consultative de Conservatoire, composée exclusivement de représentants des collectivités locales, qui donne son avis sur les acquisitions, les programmes et les projets de partenariat dans chaque territoire de la zone Atlantique. Ce décret, étendant la zone de compétence du Conservatoire à l'archipel, est paru le 29 août 2003. Il prévoit de désigner deux élus du Conseil Général de Saint-Pierre et Miquelon pour siéger au CRFA, qui se réunit tous les ans dans un des DOM ou une des COM intégrés à cette instance.
C'est alors que le Conseil d’Administration du Conservatoire a pu valider le projet d'intervention sur l'isthme, le 20 novembre 2003.
Mais l’intervention foncière du Conservatoire à Saint-Pierre et Miquelon n’a réellement débuté qu’en 2005, avec l’achat, en décembre, des premiers terrains.
Depuis 2006, le Conservatoire dispose d’une antenne locale permanente basée à Saint-Pierre, dans le cadre d'une convention signée avec la Direction de l'Agriculture.
Le 15 décembre 2006, la commune de Miquelon-Langlade devient le gestionnaire officiel du site du Conservatoire, grâce à la signature d’une convention de gestion.