Aménagement des écosystèmes 

Protection et restauration des milieux naturels

Le Conservatoire du littoral a déjà fait l’acquisition de terrains situés dans une zone de dunes sableuses plus ou moins érodées (Buttereaux), dont certaines présentent des poches de départ de sable de plusieurs centaines de mètres cubes. Des travaux de restauration et de réhabilitation de ces dunes de sable ont déjà été engagés sur certains secteurs et doivent se poursuivre.

Le Conservatoire a entrepris des travaux dès 2006, dans un premier secteur d’intervention, au lieu dit « la Crevasse ». Après avoir choisi sur devis une entreprise locale, la réhabilitation des dunes le long de la plage de la Crevasse a pu débuter, et a permis d’employer deux ouvriers en permanence entre fin août et fin octobre 2006.

Pour les années suivantes (2007 à 2009 inclus), le Conservatoire s’est engagé par un marché public à bons de commande à réaliser les travaux avec une entreprise locale. Des zones prioritaires seront définies au fur et à mesure de l’avancée des travaux et selon la progression de l’érosion. Les travaux de l’été 2007 s’effectueront entre « Sauveur » et « Travagnat ».

Ces travaux légers de réhabilitation des poches de sable des dunes consistent en :

  • un reprofilage éventuel, de façon à stabiliser les sommets et à adoucir les pentes,
  • un épandage d’un mélange de goémon et de paillole, pour enrichir le sol en matières organiques,
  • la fixation de filets coco posés sur le sol afin de reconstituer une couche organique et d’atténuer l’emprise du vent sur le sable,
  • une plantation de jeunes plants d’oyats de l’espèce locale. L’oyat est une espèce très bien adaptée aux milieux sableux en mouvement, qui, par son système racinaire, permet de retenir le sable et de fixer les dunes, de sorte que d’autres espèces peuvent ensuite coloniser le milieu,
  • la pose de ganivelles en châtaignier fixées par des poteaux pour retenir le sable et pour empêcher l’accès aux zones fragilisées.

Le Conservatoire est maître d’ouvrage des travaux, mais il peut déléguer cette maîtrise d’ouvrage au gestionnaire principal du site (commune de Miquelon-Langlade). Le programme d’aménagement du site est validé par le Conservatoire qui peut y apporter une contribution financière. Il paie sur ses fonds propres mais sollicite des financements extérieurs pour faire mieux et plus vite (Europe, Agence de l’Eau…).

Toutefois, la meilleure protection, c’est la prévention.

Il est évident que la restauration des dunes est inévitable dans les zones très dégradées, mais pour les zones moins atteintes, il est impératif de prévenir de nouveaux départs d’érosion en luttant contre les origines de l’érosion. Il ne sera pas possible de reconstituer le cordon dunaire tel qu’il était, alors il s’agit d’éviter de le dégrader encore plus. « Mieux vaut prévenir que guérir ».

Aménagement du site pour l’accueil du public

Un des objectifs du Conservatoire et de la mairie est d’aménager le site en vue d’accueillir des visiteurs, tout en maîtrisant la fréquentation de façon à ne pas tomber dans les excès. Les travaux prévus devront tenir compte de l’étude des dynamiques sédimentaires littorales, afin de les accompagner et d’optimiser la gestion de l’espace.

Une porte d’entrée du site pourrait être aménagée au niveau de la carrière de la mère Durand. Le projet reste à préciser mais un site d’accueil du public pourrait y voir le jour, avec un lieu de stationnement, des panneaux d’information et des points de départ de sentiers de randonnée : randonnées équestres avec le GPCM (Groupement pour la Promotion du Cheval Miquelonnais), promenades en zodiaque sur le Grand Barachois et sentiers pédestres dans les Buttereaux.

D’une façon générale, il sera nécessaire d’aménager des sentiers et itinéraires d’interprétation de la nature sur l’ensemble de l’isthme. L’observatoire de la faune déjà en place sera mieux valorisé (ouverture tous les jours en été, accueil de groupes scolaires…).

La mairie de Miquelon et le Conservatoire du Littoral souhaitent s’associer aux réflexions en cours sur l’aménagement de la route de Miquelon-Langlade (tracé, réfection). En effet, avec le développement de la fréquentation touristique de l’isthme, les besoins en circulation évolueront : il est donc nécessaire de réaliser une étude de besoins afin d’adopter un plan de circulation adéquat. Tous les usagers (véhicules, chevaux, piétons, cyclistes…) devront être pris en compte. Ce plan de circulation fera partie intégrante du plan de gestion de l’isthme.

De plus, cette recrudescence de visiteurs peut entraîner certaines dégradations de l’environnement. Il s’agira d’éviter les débordements, dans un premier temps en sensibilisant le public, et éventuellement, dans un second temps, en adoptant certaines mesures d’aménagement visant à réduire les impacts négatifs.