Histoire de Saint-Pierre et Miquelon et peuplement

Histoire

Les plus anciens indices archéologiques attestent de brefs passages d'Inuits à Saint-Pierre et Miquelon, lors de campagnes de chasse à la baleine. Des traces d'Indiens, notamment Beothuks et Micmacs, ont aussi été notées depuis des millénaires, mais l'archipel ne comptait pas de véritables peuplements au-delà d'expéditions de pêche ou de chasse.

Il ne fut « découvert » par les européens que bien plus tard. L'explorateur portugais José Alavrez Fagundes aurait aperçu l'archipel vers 1520 et aurait baptisé les îles "Les onze mille vierges". Ce fut lors du passage de Jacques Cartier en 1536, au retour de son deuxième voyage au Canada, que les îles passèrent sous souveraineté française et furent rebaptisées "Saint-Pierre et Miquelon".

A partir de 1604, l’archipel fut peu à peu colonisé par des pêcheurs basques, bretons ou normands, attirés par les eaux poissonneuses de la région (Grands Bancs de Terre-Neuve).

Entre les années 1690 et 1816, une rivalité entre la France et l'Angleterre s'y fit sentir. Après plusieurs chassés-croisés entre les deux pays, Saint-Pierre et Miquelon devint définitivement français par le traité de Paris de 1816. Les premières habitations et installations furent bâties à la hâte à cette époque, et de grandes constructions virent le jour (routes, phares). L'archipel connut son apogée économique entre 1860 et 1890.

Entre 1920 et 1933, la prohibition imposée aux Etats-Unis fut bénéfique pour l'archipel, car sa localisation géographique permit à de nombreux bateaux d'y livrer de grandes quantités d'alcool, qui étaient par la suite transportées clandestinement dans le pays voisin. Al Capone fit même un passage dans ces îles. Saint-Pierre et Miquelon s'est beaucoup enrichi par ce trafic, jusqu'en 1933 où la fin de la prohibition aux Etats-Unis entraîna une crise économique.

Les habitants sont très attachés à la France. C’est ainsi que Saint-Pierre et Miquelon a été le premier territoire français à se déclarer en faveur du Général de Gaulle lors du dernier conflit mondial, le 24 décembre 1941. De nombreux îliens s'engagent dans les forces de la France Libre.

Après avoir été Territoire d'Outre-Mer, puis Département d'Outre-Mer à partir de 1976, Saint-Pierre-et-Miquelon devint une collectivité territoriale en 1985.

En 1987, la mésentente relative à la délimitation des eaux territoriales canadiennes et françaises se poursuivit avec un arbitrage international. En 1992, la France obtint un peu moins d'un quart de la zone de pêche convoitée. Un arrêté international sur l'interdiction de la pêche de la morue fut imposé à cette date, en vue de protéger la ressource halieutique en voie de disparition, et de reconstituer les stocks. L'industrie de la pêche dans la zone française fut donc définitivement arrêtée.

A partir de cetté époque, la situation économique de l'archipel empira. Les activités du port connurent une baisse majeure, et le chômage augmenta fortement. En contrepartie de la crise de la pêche, le gouvernement encouragea le développement de plusieurs projets, notamment dans le secteur du bâtiment - travaux publics, parmi lesquels la construction d'un aéroport international.

Population

Depuis 1921, excepté un léger repli constaté en 1936, à la fin de la prohibition, la population de l'archipel n'a cessé de croître, et ce, malgré d'importants mouvements migratoires vers la métropole ou le Canada voisin.

La population totale compte 6 519 personnes (recensement de 1999) dont 5 808 habitants pour la commune de Saint-Pierre et 711 pour celle de Miquelon. La démographie est vieillissante (1/6 d’habitants de 60 ans et plus) et en baisse.