La visite du Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer sur l'Isthme de Miquelon-Langlade :

En visite sur l'Archipel de Saint-Pierre et Miquelon, le secrétaire d'état chargé de l'Outre-Mer, Monsieur Yves Jego, s'est rendu Dimanche 19 octobre, sur le site d'intervention du Conservatoire du Littoral : l'Ithme sédimentaire de Miquelon-Langlade. Il a y pu découvrir la lagune du Grand Barachois, presque 1000 hectares de plan d'eau classés en Réserve de Chasse et de Faune Sauvage. Le Grand Barachois accueille entre autres, une avifaune riche et précieuse et le Secrétaire d'Etat a pu, par exemple, y observer des phoques veaux-marins qui étaient au rendez-vous sur les bancs de sable de la lagune.

 Stéphane Coste (Maire de Miquelon-Langlade) en compagnie d'Yves Jego (Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer) sur la Dune de Langlade.


La gestion du site du Conservatoire sur l'Isthme est confiée à la commune de Miquelon-Langlade, une rapide présentation des projets de mise en valeur du patrimoine naturel prévus au plan de gestion a été faite sur site à Monsieur Jego. Ces projets s'inscrivent dans un développement plus large des activités éco-touristiques au niveau de l'archipel tout entier. Monsieur Jego a remarqué la beauté mais aussi la fragilité de ce littoral encore assez préservé et a souligné que le développement d'un tourisme de nature ne devait se faire qu'en respectant et en protégeant celle-ci.

 

 

Prochainement, un chantier nature dans les Buttereaux :

Dans le cadre d'une convention passée entre le Lycée d'état Emile Letournel, le Conservatoire du littoral et la Commune de Miquelon-Langlade, des projets environnementaux sont menés en IDD. Au travers de ces itinéraires de découverte, les élèves de 5ème sont sensibilisés à des thématiques environnemetnales variées. L'année dernière, les élèves se sont rendus à 2 reprises sur l'Isthme afin de découvrir le milieu dunaire puis le monde des tourbières et des marais.

Cette année, plusieurs projets sont envisagés et notamment un chantier nature de revégétalisation pendant lequel les élèves de Saint-Pierre et les élèves de Miquelon sont chargés de planter eux-mêmes des petits pieds d'oyat selon un protocole expérimental.

La journée de terrain a été préparée en classe à Saint-Pierre et à Miquelon avec les professeurs d'IDD. Elle est prévue pour le Mardi 4 novembre. Ensuite, les élèves devront traiter les données qu'ils auront récoltées.

Elèves de 5ème de Miquelon, au collège.

Elèves de 5ème du Lycée de Saint-Pierre, en classe d'IDD (Itinéraires de Découverte)

Travaux – saison 2008

Les travaux 2008 ont commencé sur les terrains du Conservatoire du littoral entre les lieux-dits du Grand C et de la Crevasse, il s’agit encore une fois de traiter les zones d’érosion par les techniques traditionnelles comme la pose de ganivelles et aussi de nouvelles techniques comme la revégétalisation des dunes expérimentée sur le site depuis l’année dernière.

Restauration d’un trou de sable par l’entreprise Floradécor.

 

Un suivi de la dégradation des Buttereaux par photographies aériennes.



L’évolution des espaces dégradés dans les Buttereaux de l’Isthme de Miquelon-Langlade a été étudiée grâce à  un logiciel de cartographie qui a permis la comparaison des photographies aériennes prises en 1952 et en 2005.

Grâce à cet outil, les surfaces dégradées (érosion d’origine naturelle et humaine) ont pu être calculées.

Dans ce travail, 2 types d’espace dégradé ont été décrits, de façon à bien distinguer la dégradation non volontaire (d’origine humaine et naturelle), des aménagements choisis :
- les espaces où la végétation n’est plus présente et où le sable est apparent : érosion de la dune ;
- les espaces dédiés aux voies de circulation : piste ou route.

En 1952, l’érosion représentait 3 % du périmètre étudié, soit 26 981 m2. En 2005, le même type d’espace représente 66 997 m2, soit 7%. On constate donc une augmentation de 4 % de surface dégradée dans les Buttereaux.
    Cette augmentation des espaces dégradés a lieu sur la globalité du périmètre étudié, mais ce sont principalement la bordure Est des Buttereaux et le lieu-dit Sauveur qui sont touchés (estimation visuelle). On constate que les espaces dégradés en 1952, le sont toujours pour une grande partie en 2005.

De même, la superficie des routes ou pistes traversant le périmètre est elle aussi en augmentation d’un peu moins de 2 %. Ces « aménagements » anthropiques représentaient 47 043 m2, soit 5 % en 1952, et 65 353 m2, soit 7 % en 2005.
Cette augmentation est principalement due à la transformation de la piste reliant Miquelon à Langlade en route. .

Globalement, l'espace dégradé atteint 58 297 m2, soit 5% du périmètre d'étude.

Ces cartes ne prennent en compte que les espaces où le sable est apparent dans les Buttereaux. Mais un autre type d’espace dégradé existe. Il s’agit des zones où la végétation est fragilisée, éparse.
D’après les photographies dont on dispose, ce type d’espace est également en augmentation, mais la qualité des photographies empêche de fournir un chiffre précis pour ce type de dégradation.




Enfin, il faut noter qu’il existe une marge d’erreur due non seulement à la subjectivité humaine mais aussi au fait que les photographies de 1952 sont en noir et blanc (ce qui limite le contraste pour certaines zones) et qu’elles n’ont pas subit d’orthorectification*. Cependant la marge d’erreur liée à cette absence de correction est relativement réduite étant donné que la zone d’étude est petite.

    On peut estimer que la marge d'erreur est de 5 % en 1952 et en 2005 sur le périmètre d'étude. La superficie de l'espace dégradé est donc compris en 47 980 m2 (4 %) et 68 614 m2 (6 %)



* Orthorectification : Application à une image de traitements destinés à corriger les déformations dues au relief du terrain, la rotondité de la Terre, à l’inclinaison de l’axe de la prise de vue et à la distorsion de l’objectif.

Travail réalisé par la Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Saint-Pierre et Miquelon par Véronique Duroure

 

Une première…

 A la fin du mois d’août et pour la première fois, le Président du Conseil d’administration du Conservatoire du Littoral, Jérôme Bignon, et son Directeur, Emmanuel Lopez se sont rendus à Saint-Pierre et Miquelon, accompagnés du président du Conseil Général de la Manche, Jean-François Legrand.

Ils y ont rencontré l'ensemble des élus : Monsieur le Maire de Miquelon, Madame le Maire de Saint-Pierre,  le Président du Conseil Territorial et son équipe, Madame la Députée, Monsieur le sénateur de Saint-Pierre et Miquelon… ainsi que des représentants des usagers du site de l’Isthme de Miquelon Langlade : le Président de la Fédération
Départementale des Chasseurs, le Président de l’Association des Résidents de Langlade


Ces rencontres se sont bien déroulées et ont permis aux élus métropolitains et de Saint-Pierre et Miquelon d'échanger sur les enjeux de protection du littoral et sur les intérêts de l'intervention du Conservatoire sur les rivages de Saint-Pierre et Miquelon.

Les visiteurs se sont rendus sur le site de l’Isthme de Miquelon-Langlade afin de mieux se rendre compte de l’aspect des Buttereaux, du Grand Barachois, de la forme en tombolo et de la diversité des milieux présents...

Le projet de jumelage de site a également été présenté, il s’agit de rapprocher l’Isthme de Miquelon-Langlade du site des Dunes d’Hattainville du Conservatoire du Littoral, dans le département de la Manche. Ces sites côtiers présentent beaucoup de similitudes, en particuliers, ils connaissent les mêmes problématiques d’érosion littorale. Les Dunes d'Hattainville sont gérées par le SyMEL (Syndicat Mixte des Espaces Littoraux de la Manche). Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site internet du SyMEL : www.symel.fr



Les Dunes d’Hattainville dans la Manche.

 

Ce jumelage permettra le partage de l’expérience du site de la Manche qui, fort de ses 20 années de gestion concertée du littoral, permet aujourd’hui à tous les usagers (promeneurs, agriculteurs, chasseurs…) de profiter du lieu tout en le préservant des dégradations, et de participer activement à sa gestion.

 

La revégétalisation des dunes :



Les dunes sont des massifs de sables recouverts de végétation. Cette végétation joue le rôle de couverture grâce au réseau de racines qu’elle développe dans le sol, indispensables au maintien des Buttereaux.

La plante pionnière des dunes (la première à s’installer sur le sable nu) est l’oyat Ammophila breviligulata (ou en anglais American beachgrass). L’oyat présente des caractéristiques particulières qui font que c’est une plante très bien adaptée au milieu. Quand le sol est bien stabilisé par l’oyat, d’autres plantes viennent compléter la végétation.
Lorsque la végétation n’est plus présente (sable mis à nu), le sol est soumis directement aux effets de l’érosion et n’est plus protégé… les paysages s’en trouvent changés et les écosystèmes se dégradent.

Pour tenter de restaurer la couverture végétale des Buttereaux, une nouvelle technique a été expérimentée depuis 2 ans à Saint-Pierre et Miquelon : la revégétalisation. Il s’agit de recouvrir les espaces fortement dégradés (trous de sable) de filet à maille serrée en fibre de coco.

Le filet « coco » joue le rôle d’une couverture artificielle et temporaire, et permet de stopper l’érosion du sol de la dune le temps de la recolonisation végétale. Celui-ci a également l’avantage d’être constitué exclusivement de fibres naturelles qui sont donc biodégradables. Il est posé sur une couche d’éléments structurants et nutritifs naturels qui proviennent du rivage (paillole et goémon en mélange).

Il est évidemment trop tôt pour dresser un bilan, cependant les observations des premiers essais de 2007 montrent une reprise timide de la végétation. Pour aider à la recolonisation végétale, il est prévu d’installer à nouveau des petits plants d’oyat et de réaliser des semis de graines.

 

dernière mise à jour : 26/11/2008